Fermeture centre ETARES

Fermeture centre ETARES

Fermeture du centre ETARES le 30 septembre 2019

Courrier information client fermeture du centre d’enfouissement ETARES Classe 2

COURRIER INFORMATION FERMETURE DEFINITIVE ISDND

 

Extrait de l’article du Paris Normandie du 13/06/2019

Le centre de stockage des déchets d’ETARES, situé entre Rogerville et Gonfreville-l’Orcher, doit fermer le 30 septembre 2019. Cette décision s’inscrit dans un plan régional de traitement des déchets. Le centre concerne des déchets de classe 2, décrits comme non-dangereux, mais contaminés par des morceaux de papier, laine de verre, plastique ou bois dont le « jus » doit être traité. « Ce sont principalement des déchets venus d’entreprises et de déchetteries », précise Mickaël Baron, d’Oxygène Estuaire, également conseiller municipal de Sandouville et président de la fédération de Seine-Maritime des Radicaux de gauche. L’association craint que les entreprises locales ne soient contraintes de se rendre à Dieppe ou Caen pour faire traiter leurs déchets. Ce qu’ils jugent néfaste pour l’économie locale et d’un point de vue écologique. « Le centre Ikos de Dieppe a vu sa capacité de stockage augmenter de 40 Mtonnes/an », souligne Mickaël Baron. Une augmentation de capacité justement refusée au Havre.

Une échéance prévue

L’arrêt de fonctionnement n’était pas une surprise pour les acteurs du milieu, car la jauge maximale est bientôt atteinte sur le site d’ ETARES. En vue de cette échéance, un agrandissement à l’ouest de la zone a été demandé. Le refus de cette alternative a conduit logiquement à la fermeture du centre de stockage en septembre prochain. « Ce n’est pas une surprise, car c’est une volonté portuaire compréhensible. Rien n’allait jamais pour l’agrandissement. Le Port est actionnaire d’ ETARES, mais c’est une décision politique de la Région, estime Mickaël Baron. Depuis un an et demi, nous avons alerté, en témoignant devant le comité de suivi des sites, car c’était l’endroit où tous les acteurs étaient présents. On nous a répondu que la demande d’agrandissement était en cours. »

Oxygène Estuaire est une association née il y a dix ans pour défendre les intérêts des riverains. « On essaie d’avoir un regard objectif, déclare Mickaël Baron. Tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut une décharge, mais pas dans son jardin. »

Mais le problème écologique va à l’encontre des valeurs affichées par le site et les décideurs. L’impact porte également sur la compétitivité des entreprises qui devront dépenser davantage en transport pour la valorisation de leurs déchets.

Vers des solutions plus écologiques ?

Selon Annie Leroy, de l’association Écologie pour Le Havre, cette fermeture n’est pas si négative. Elle est le signe que le recyclage prend une part plus importante sur le stockage. « Ce qui est une bonne chose. Longtemps, on n’a pris en compte que l’aspect financier et pas écologique. Le ciment aujourd’hui peut venir de Marseille, ou encore plus au sud de l’étranger. Il voyage par bateau jusqu’à Honfleur en vrac et doit venir en camion. C’est scandaleux. » Elle promeut la recherche de solutions plus écologiques. « La carrière de craie de Sandouville : les composants sont transportés jusqu’à la cimenterie Lafarge toute proche grâce à un tapis roulant qui passe au-dessus de l’autoroute. Chez Étarès, ils ont essayé de séduire les associations comme nous, mais écologiquement, la décision se tient », maintient-elle.

Pour Oxygène Estuaire, l’impact sur la compétitivité et l’emploi est également à prendre en compte. « Oui, il y a plus de recyclage, mais on n’est pas encore mature pour se passer de stockage. Or au Havre, on a plus de fours dans la zone », rappelle Mickaël Baron.

David Gambier, président du centre ETARES, se dit déçu par la décision de mettre fin au site dont il espérait étendre l’activité.

Comment prenez-vous cette décision ?

« On respecte une décision de l’État inscrite dans une démarche de transition énergétique. Maintenant, le timing est peut-être un peu court, les centres de stockage les plus proches pour ce type de déchet sont ceux de Caen et Dieppe, à plus de 100 km, et sur la zone de l’Estuaire, il n’y a pas encore de projet. Ce n’est pas en fermant les centres de stockage que l’on n’en aura plus besoin. C’est une brique du mur, l’un des composants de la filière. »

Quelles conséquences craignez-vous ?

« Cela signifie un manque de compétitivité pour Le Havre. Le coût va augmenter avec la distance, le trafic routier sur les autoroutes se densifier et donc la production de CO2 s’aggraver. S’ajoute à cela une perte d’emploi pour la vingtaine de personnes qui travaillent dans le centre. »

Avez-vous été surpris ?

« Non. Cela fait dix ans que nous essayions d’anticiper cette décision en cherchant un nouveau site. Depuis 2014, nous avons demandé un agrandissement sur la zone humide voisine du centre actuel. Nous avions le soutien d’associations comme Oxygène Estuaire, d’élus et notamment le maire du Havre M. Gastinne, la Région. C’est vraiment une décision préfectorale, due au PRPGD (plan régional de prévention et de gestion des déchets) et à la situation du centre sur une zone sensible. Nous avions proposé des mesures compensatoires, en accord avec le port de Rouen, de restauration d’une zone humide de même dimension, qui comprendrait décapage, revitalisation sur 15 ha. On a discuté et donné nos arguments, mais finalement ils n’ont pas été retenus. Je suis déçu en premier lieu pour les salariés qui ont bien fait leur travail. C’est une décision qui ne nous appartient pas, ne dépend pas de nous ou de notre économie, mais nous devons la respecter. »

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